Historique

Le contexte français de la dentelle.

 

La dentelle, aux fuseaux ou à l’aiguille, a été fabriquée et vendue en France dans différentes régions de la fin du 16ème siècle à milieu du 20ème siècle. Au fil des époques les techniques et les usages en ont varié selon les modes et les usages vestimentaires.

Au début du 19ème siècle est apparue la dentelle mécanique

Elle n’a pas fait disparaître la dentelle à la main mais a permis une diffusion plus grande dans toutes les couches sociales de l’usage de la dentelle. La dentelle mécanique a beaucoup imité la dentelle à la main et mais a aussi influencé celle-ci. Il a fallu fabriquer plus vite de très grandes pièces et différents styles d’exécution plus rapide sont apparus. Le tulle mécanique sert aussi de support à la broderie ou à l’application de morceau de dentelle à la main. Les deux techniques se marient très bien. 

Le commerce de la dentelle, florissant pendant des siècles s’étiole entre les deux guerres mondiales.

La fabrication ne se vend plus, on ne forme plus de nouvelles dentellières et ainsi se forge, dans les années 60 et 70 l’image de la vieille dentellière qui pratique sur le pas de sa porte une technique oubliée et fascine les touristes au Puy en Velay ou à Bruges.

Il est à noter qu’on n’utilise plus guerre les dentelles mécaniques non plus sauf pour la lingerie.

Au tout début des années 80, simultanément dans les diverses régions dentellières, quelques personnes s’inquiètent de ce risque de disparition de la dentelle.

Au Puy en Velay, s’ouvre le conservatoire de la dentelle au fuseau et le centre d’enseignement. Ils seront les plus connus à la fin du 20ème siècle mais non les seuls

Dans le Nord, à Bailleul et à Valenciennes, les municipalités ouvre des écoles académiques de dentelle.

A Mirecourt, à Bayeux, Luxueil, etc… des dentellières se retrouvent avec le souci de la sauvegarde d’un savoir faire complexe considéré comme un patrimoine.

Dans toute cette décennie, le souci sera celui de la conservation : garder la tradition, ne pas perdre les secrets de fabrication, les styles et les modèles. On se base sur ce qui se faisait juste avant le déclin de la dentelle, sur les connaissances des quelques anciennes, sur les modèles et patrons qu’on retrouve, sur le matériel pédagogique parfois existant. Et on refait à l’identique. On rachète des fils dans les brocantes car ils ne se fabriquent plus. On défait les dentelles pour comprendre les points.

C’est long et laborieux.

Les premiers clubs et associations voient le jour, avec des monitrices formées dans ces premiers centres ou en Belgique.

Les premières rencontres de dentellières ont lieu au Puy en Velay et à Bailleul à la fin des années 80

A ce moment, il devait y avoir environ 1500 à 2000 dentellières dans toute la France qui vivent cette expérience de sauvetage sans grand espoir, comme une action un peu désespérée de durer un peu plus longtemps que le terme inéluctable.

Il n’y a pas grand-chose à y gagner et pourtant, en même temps que ce métier renaît de ses cendres, c'est-à-dire de la  poussière des métiers et des fuseaux tirés des greniers, renaissent aussi toutes les rivalités et querelles du monde dentellier.

Le centre d’enseignement du Puy prétend avoir seul la connaissance de la technique. Il veut dire la loi du monde dentellier et s’imposer aux autres clubs. Ceux-ci bien sûr ne se laissent pas faire. Mais c’est chacun pour soi, il n’y a malgré tout pas d’union des clubs de dentelle. Une association, Dentelle en France, créée en 1997 a essayé de mettre en commun les bonnes volontés mais n’a réussi qu’à alimenter la guerre des dentellières, en étant souvent leur première cible. Tout le monde accourt aux marchés dentelliers organisés par cette association mais tout le monde aussi la dénigre. Elle sera dissoute en 2007.

Malgré ces difficultés, la dentelle, surtout au fuseau, attire. Les clubs se forment et essaiment.

Vers 2005, on recensera plus de 350 clubs et associations et il s’en crée de nouveaux tous les mois. La France compte maintenant plusieurs milliers (de 10 000 à 15 000) dentellières et dentelliers.

La pratique évolue également. Au début du 2ème millénaire, on ne se contente plus de recopier l’ancien. On crée. L’utilisation des fils de couleur fait son apparition et ne choque plus. Tout est possible et on ose !  L’imagination déborde, on fait de tout en dentelle du sac à main au cornet de frites.

Des techniques de plus en plus variées et exigeantes sont remises en œuvre. Des livres nombreux sont publiés.

En 1980, si on voulait s’essayer à la dentelle seule, on n’avait que l’encyclopédie DMC des ouvrages de dame à disposition et peu de chance de réussir. Dix ans après, c’était devenu possible grâce aux quelques méthodes déjà parues. Maintenant, c’est presque facile….

Les fournisseurs de matériels aussi sont revenus, nos chers commerçants ; belges en majorité mais pas seulement. Nous trouvons de nouveau de très beau fil fins, des épingles et quantité de nouveautés qui facilitent le travail. L’imagination des dentellières est sans limite également dans le domaine de l’outillage et du détournement de matériaux et d’outillage domestique.

Malgré cette vitalité, il est toujours difficile aujourd’hui de vivre de son art quand on est dentellière même diplômée du concours de Meilleur Ouvrier de France. C’est devenu possible mais il faut travailler 60 heures par semaine et ne passer ses vacances que sur les lieux de rencontres et couviges pour réussir à gagner un petit SMIC.

Il n’y a toujours pas de débouché pour ces productions. Personne ne décore son intérieur d’objets ornés de dentelle, on l’utilise peu dans l’habillement et le cas échéant, on préfère de fac-similé ou la dentelle mécanique bon marché.

La pratique de la dentelle et son enseignement restent des activités de loisirs. Un loisir particulier qui vous emmène loin dans la recherche historique, qui vous fait voyager de manière inattendue. Mais cela reste un loisir.

Nous ne savons s’il y aura de nouveau un jour des créatrices en dentelle qui vivront bien de leur art.

N’empêche pour toutes celles de ma génération, de la deuxième génération des re-découvreuses ; pour nous qui avons reçue émerveillées tout le savoir des anciennes et des pionnières, c’est déjà une réussite inespérée.

Au moins nous avons transmis et l’art de la dentelle n’est pas mort.

Et ce n’est pas fini : nous sommes encore bien vivantes et accompagnons toutes celles qui commencent à ce jour avec plus d’espoirs que nous n’en avions à nos débuts.

L’histoire de notre association

Françoise Barbot a appris la dentelle aux fuseaux à Bailleul dans le Nord, ville où elle a passé son enfance et a vécu jusqu’à l’âgede 29 ans.

En 1987, pour des raisons professionnelles, elle s’installe à Cergy et deux ans après, en 1989 ouvre un atelier de dentelle à la Maison des Loisirs et de la Culture à Taverny. Cet atelier fonctionnait les mardis soirs et après six années, regroupait une quinzaine de personnes.

En 1995, Françoise laisse la place à une autre monitrice à cause de contraintes professionnelles qui ne lui permettent plus de se libérer en fin d’après midi. Cet atelier fonctionne toujours actuellement, sous la conduite de Ginette Pilache .

Françoise se perfectionne dans la technique de la duchesse au Couvige de Paris mais l’enseignement de la dentelle lui manque.

Elle propose donc à quelques connaissances de son voisinage de s’initier entre copines chez elle, le week-end.

Dès le départ, en septembre 1997, nous sommes 7 et nous nous réunissons chez Anne-Marie qui nous accueille généreusement tous les quinze jours dans sa maison.

Très vite le petit groupe grandit et en 1999 nous sommes une dizaine de fidèles amies qui étudions la dentelle toujours chez Anne-Marie.

Mais celle-ci doit déménager. Nous décidons donc, en janvier 2000 de nous constituer en association loi 1901.

 

Quiconque a un jour participé à la naissance d’une association sait combien il est difficile de lui trouver un nom qui la caractérise et en même temps soit agréable et se retienne bien.

 Notre choix se porte sur « Les Copines Dentellières » car autour de la dentelle nous voulons créer une ambiance amicale, d’entraide et sans rivalités. Ce sont les enfants de Geneviève qui ont suggéré ce nom, approuvé à l’unanimité et qui à la fois nous caractérise et est un objectif à tenir : il nous faut veiller à maintenir cette ambiance amicale parmi nous.

En attendant la disponibilité de la salle que nous propose l’antenne de quartier des Hauts de Cergy, nous sommes quelques mois nomades, nous réunissant à tour de rôle chez les adhérentes qui ont assez de place pour recevoir le groupe

A partir de mai 2000, nous disposons d’une salle au LCR de Essarts. Nous participons pour la première fois à la journée des associations à Cergy. Très rapidement les deux cours ouverts seront pleins et une liste d’attente se remplit

En 2001, un troisième cours est proposé par Dominique Doré et le Colette Varet ouvrira le quatrième cours en mars 2009.

Depuis septembre 2008, les cours ont lieu au LCR du Bontemps.

Nous sommes à ce jour,  2 professeurs, 20 élèves et 4 « anciennes » qui sont restées adhérentes et amies même si elles ne suivent plus régulièrement les cours.